Ce document décrit la philosophie d’Oxygène pour une réforme de l’enseignement obligatoire. Ce sont des lignes de conduite, traduites en finalités et objectifs, correspondant aux valeurs d’Oxygène. Les mesures proposées et la mise en pratique de ces objectifs sont à négocier avec les gens de terrain.   

Les grands principes qui ont guidé l’élaboration de ce programme sont les suivants.

1. Former des jeunes pour demain, c’est les former à tout ce que les machines ne savent pas et ne sauront jamais faire. Il s’agit de se donner un projet ambitieux de culture et d’éducation à la confiance, à l’esprit critique, à la liberté et à la responsabilité.

Pour donner aux jeunes l’envie d’apprendre, maintenant et tout au long de leur vie, l’enseignement sera ancré dans le concret et le participatif. Il sera décloisonné et ouvert sur le monde pour permettre une approche globale des situations.

Pour permettre à chaque jeune de s’orienter selon ses aspirations et ses potentialités, l’école sera décloisonnée, elle aussi, et proposera des options sous forme de domaines d’intérêt et des orientations spécifiques, tout en préservant la mobilité entre elles.

L’école sera un lieu de bienveillance, où l’échec sera vu comme une occasion de progresser. L’école sera un lieu de vie multiculturel et multilingue. L’école sera gratuite.

Concrètement :

→    Formation commune à tous les jeunes de la 3ème maternelle à la 2ème secondaire, en 3 cycles de 3 ans avec une exigence toute particulière sur les fondamentaux dans les premières années et le développement de compétences générales, de plus en plus important au fur et à mesure des années.

→    Organisation des 4 dernières années du secondaire par domaines et par orientation « métiers » et « études ».

2. Libérer les acteurs de terrain et augmenter leur responsabilité, c’est leur redonner confiance et respect pour mettre en œuvre notre projet ambitieux de culture et d’éducation. 

Concrètement :

→    Soutien tout particulier aux enseignants débutants. Ouverture aux autres professionnels grâce à un parcours de valorisation de compétences.

→    Développement d’un enseignement décloisonné : autonomie des équipes pédagogiques pour organiser l’école, les apprentissages et les évaluations de la manière la plus adéquate (mise en œuvre du programme, organisation des espaces, des cours, des activités, des projets et de l’année scolaire).

→    Responsabilisation des équipes : évaluation des équipes en place sur base des niveaux ayant cours dans le service public fédéral (exceptionnel, répond aux attentes, à améliorer, insuffisant) avec une valorisation associée et accompagnement si besoin.

→    Formation initiale des enseignants axée vers une nouvelle vision du métier d’enseignant, on choisit d’être enseignant avant tout : formation commune à tous les candidats, puis une spécialisation en fonction de la matière et du niveau choisi.

3. Notre enseignement est un des mieux financés en Europe. Il est question de mieux répartir les ressources humaines et financières pour permettre aux écoles de mieux remplir leurs missions : école gratuite et inclusive, accompagnement des jeunes à besoins spécifiques, accompagnement des équipes de terrain, création de places, matériel pédagogique, équipement et entretien du parc informatique des écoles, entretien des bâtiments…

Partie 1 : Former des jeunes pour demain : finalités et objectifs

1. Des finalités pour l’enseignement obligatoire

Former des jeunes pour demain, c’est les former à tout ce que les machines ne savent pas et ne sauront jamais faire. Il s’agit de se donner un projet ambitieux de culture et d’éducation à la confiance, à l’esprit critique, à la liberté et à la responsabilité pour qu’ils deviennent des acteurs de leur propre projet de vie, pour qu’ils puissent construire une vie harmonieuse, pour qu’ils deviennent des acteurs de transformation sociale et pour qu’ils s’intègrent au mieux dans notre société numérisée de demain.

Pour donner aux jeunes l’envie d’apprendre, maintenant et tout au long de leur vie, l’enseignement sera ancré dans le concret et le participatif. Il sera décloisonné et ouvert sur le monde pour permettre une approche globale des situations.

Pour permettre à chaque jeune de s’orienter selon ses aspirations et ses potentialités, l’école, espace décloisonné, sera un lieu de développement des potentialités propres à chacun et d’apprentissage des savoirs et compétences indispensables à la poursuite du parcours scolaire, professionnel et de vie.

L’école sera un lieu de bienveillance, où l’échec sera vu comme une occasion de progresser. Elle sera un lieu de vie multiculturel et multilingue. L’école sera gratuite.[1]

Il n’est donc pas question que l’école « façonne » des employés dociles et bien formés uniquement sur le plan technique, de « bons petits soldats », comme on l’entend dire parfois de manière très caricaturale. Notre société a besoin d’un personnel qualifié, préparé à des transitions de plus en plus rapides et à l’arrivée de l’intelligence artificielle, qui sait aussi être heureux, discerner, prendre des initiatives, être un citoyen responsable, faire preuve d’esprit critique, se projeter, faire preuve de coopération, faire preuve d’empathie, communiquer de manière non violente, connaitre et répondre à ses besoins, etc.

2. Organisation de l’enseignement

L’organisation proposée ci-dessous vise les objectifs suivants.

  • Assurer l’acquisition, par les jeunes, des savoirs et compétences indispensables à la poursuite du parcours scolaire, professionnel, de vie et au développement personnel.
  • Assurer, pour chacun, un développement physique, psychique, mental et affectif, harmonieux.
  • Assurer, le plus longtemps possible, des lieux et des temps communs d’apprentissages et d’activités pour permettre aux jeunes de s’enrichir des différences mutuelles et de choisir leurs orientations selon leurs aspirations et leurs potentialités propres.
  • Permettre une mobilité entre les différentes orientations.

L’organisation envisagée est divisée en 3 grandes parties : formation commune, deuxième degré du secondaire, troisième degré du secondaire.

Une formation commune à tous les jeunes s’étendra de la 3ème maternelle à la 2ème secondaire, en 3 cycles de 3 ans avec une exigence toute particulière sur les savoirs de base dans les premières années et le développement de compétences générales, de plus en plus important au fur et à mesure des années.

Les 4 dernières années du secondaire seront organisées par cycle et par domaines. Dans chaque domaine seront organisées une orientation métiers et une orientation études.

→    Formation commune

Formation commune de 9 ans depuis la 3ème maternelle jusqu’à la 2ème secondaire. La formation commune est organisée en 3 cycles de 3 ans. Chaque cycle constituant une entité dans laquelle les écoles ont toute liberté d’organisation de l’espace/temps et d’action, par exemple, celle d’organiser des classes par projet plutôt que par âge. En dehors des apprentissages de base (langue d’enseignement et maths), les activités et ateliers seront assurés par les enseignants en fonction de leurs aspirations et de leurs compétences. Ils seront organisés par domaines pour assurer une continuité avec les 2ème et 3ème degrés du secondaire : sciences et techniques, langue et culture, bien-être et société, arts et création, économie et organisation, sport et santé, environnement et alimentation.

Pour permettre aux jeunes de s’orienter selon leurs aspirations et non selon des normes sociales ou familiales, c’est-à-dire pour diminuer le plus possible le déterminisme social, les 2 premières années du secondaire (premier degré) seront organisées en collaboration avec des écoles primaires. Les écoles secondaires et les écoles primaires construiront ensemble un projet de formation commune pour offrir les 2 années du premier degré secondaire dans le prolongement de l’école primaire. Elles négocieront donc des accords pour que les jeunes suivent une formation commune sans se soucier de l’inscription en 1ère secondaire, les inscriptions étant régulées dès l’entrée en primaire.

Les écoles auront ainsi 3 ans pour se donner un projet d’école. Une année pour construire un projet, une année pour le mettre en place, une année pour l’évaluer et l’ajuster.

→    Deuxième et troisième degrés du secondaire

  • Deux années, 3ème et 4ème secondaire en partie commune à tous pour les apprentissages de base. Les options seront organisées par domaines d’intérêt,  étant orientées « métiers » ou orientées « études ». Les domaines d’intérêt sont : sciences et techniques, langue et culture, bien-être et société, arts et création, économie et organisation, sport et santé, environnement et alimentation.
  • Deux années, 5ème et 6ème secondaire, en partie commune à tous pour les activités de base. Les options seront organisées par domaines d’intérêts pour les options, répondant à une orientation « métiers » en vue de l’exercice d’un métier ou à une orientation « études » en vue de l’entrée dans l’enseignement supérieur. 

Chaque école secondaire organisera, en fonction de ses ressources propres et des partenariats possibles entre écoles, organismes de formation, hautes écoles et universités, les quatre dernières années du secondaire (2ème et 3ème degrés) en domaines ET en orientations « métiers » et « études ». Chaque école organisera donc la base commune et les deux orientations en fonction des domaines envisageables dans son contexte. Les écoles auront ainsi 3 ans pour se donner un projet d’école. Une année pour construire un projet, une année pour le mettre en place, une année pour l’évaluer et l’ajuster. Cette nouvelle organisation pour le secondaire sera évaluée avec les acteurs de terrain.

3. Des objectifs d’enseignement

Les finalités ci-dessus pour l’enseignement obligatoire seront mises en œuvre au travers des objectifs suivants.

Au terme de la formation commune (3ème maternelle - fin de 2ème secondaire), les jeunes seront capables de répondre aux objectifs suivants.

  • Langue d’enseignement : lire, écrire et parler avec aisance.
  • Mathématiques : maitriser les opérations mathématiques de base (utiliser les nombres et calculer) ainsi que les concepts de solides et figures et de grandeurs dans des mécanismes et procédures liés à la vie quotidienne (comme les calculs de surface, de volume, de trigonométrie, les pourcentages, la règle de trois dans des situations en lien avec la vie quotidienne).
  • Atteindre un niveau A2 dans une deuxième langue autre que celle de l’enseignement 2 à choisir parmi le néerlandais, l’anglais, l’allemand et l’espagnol pour la Wallonie et la communauté germanophone. Le néerlandais sera obligatoire à Bruxelles.
  • Se situer dans le monde qui les entoure (bases de la géographie, de l’histoire, de l’éducation citoyenne).
  • Construire progressivement un projet personnel harmonieux :
    • Identifier leurs besoins et y répondre.

    • Savoir ce qui les fait vivre, ce qui leur donne de l’énergie, ce qui les motive, ce qu’ils font bien et moins bien, leurs points forts et leurs points faibles.

    • S’orienter avec un bon degré de confiance vers l’apprentissage d’un métier ou la formation en vue de l’entrée dans l’enseignement supérieur.

  • Développer des compétences transversales dans les domaines suivants, avec les objectifs suivants :

    • Sciences et techniques

      • Comprendre quelques phénomènes scientifiques expérimentables dans leur quotidien.

      • Utiliser les objets technologiques et les médias avec un esprit critique.

    • Langue et culture

      • Suivre et comprendre l’actualité locale et régionale sur base d’une analyse critique des médias à leur portée.

      • Faire connaissance avec la langue et la culture d’autres régions et pays, entre autres en lien avec l’apprentissage d’autres langues étrangères.

    • Bien-être et société 

      • Participer à des expériences d’engagement et de démocratie à leur niveau (participation à la vie de la commune, services aux autres, conseil de participation…).

      • Communiquer sans violence.

    • Arts et création

      • Exploiter leurs aptitudes manuelles et/ou intellectuelles pour concevoir et créer des objets, concrets ou non, techniques, artistiques, littéraires, scientifiques… utiles ou non.

    • Économie et organisation

      • Expérimenter la coopération dans les apprentissages et dans la gestion de la vie de la classe (tutorat, travail d’équipe, classes par projet…).

      • Prendre en charge leur environnement scolaire (soin, propreté, respect des lieux et du matériel…).

      • Planifier un projet et le faire aboutir, en équipe ou non.

    • Sport et santé :

      • Participer à des activités sportives, individuelles et en équipe.

      • Comprendre l’importance d’une activité physique et d’une bonne alimentation pour développer et maintenir son capital santé physique et mentale.

    • Environnement et alimentation

      • Comprendre les cycles naturels, le fonctionnement de l’organisme et leurs interactions.

      • Participer à des activités liées à la préservation de notre environnement et à l’entrée dans une société en transition (filière locale, potager, compost, tri des déchets…).

      • Prendre en charge leur environnement scolaire (soin, propreté, respect des lieux et du matériel…).

Au terme des 2ème et 3ème degrés du secondaire, les jeunes seront capables de répondre aux objectifs suivants.

  • Défendre, oralement et par écrit, tout projet qu’ils auront conçu.
  • Tenir des raisonnements mathématiques de base.
  • Maitriser des techniques informatiques de base.
  • Atteindre un niveau B2 dans leur deuxième langue (le néerlandais obligatoire pour Bruxelles) et un niveau A2 dans une troisième langue à choisir parmi le néerlandais, l’anglais, l’allemand et l’espagnol pour la Wallonie et la communauté germanophone.
  • Se situer dans le monde qui les entoure (géographie, histoire, sociologie, histoire des religions, éducation à la citoyenneté).
  • Comprendre des mécanismes économiques de base ainsi que l’actualité économique.
  • Comprendre des mécanismes liés à la protection des ressources naturelles et les grands enjeux environnementaux associés.
  • Développer un projet d’études, professionnel et de vie.
  • Maitriser les compétences transversales initiées dans la formation commune en poursuivant les objectifs suivants.
    • Suivre et comprendre l’actualité locale, régionale et internationale sur base d’une analyse critique des médias.

    • Planifier un projet interdisciplinaire et le faire aboutir, en équipe ou non, et en conceptualiser la gestion.

    • Développer leur capital santé physique et mentale par des activités sportives et artistiques.

    • Participer à des activités liées à la préservation de notre environnement et à l’entrée dans une société en transition (filière locale, potager, compost, tri des déchets…) et prendre en charge leur environnement scolaire (soin, propreté, respect des lieux et du matériel).

    • Lire et comprendre un bilan comptable, par exemple ceux liés aux projets scolaires, et faire face à des procédures administratives.

    • Participer à des expériences d’engagement et de démocratie et en modéliser les formes et les conditions (participation à la vie de la commune, services aux autres, conseil de participation, gestion de l’école, intelligence collective…).

    • Expérimenter la coopération dans les apprentissages et dans la gestion de la vie de la classe (tutorat, travail d’équipe, classes par projet…).

    • Utiliser les objets technologiques et les médias avec un esprit critique.

  • Maitriser

    • les techniques et les compétences nécessaires à l’exercice de leur métier et à la suite éventuelle de leur parcours de formation tout au long de la vie (orientation métiers) ;

    • suffisamment les savoirs des disciplines dans lesquelles ils auront choisi leurs options pour entrer avec de bonnes chances de réussite dans l’enseignement supérieur (orientation études) ;

Les programmes liés aux différentes matières seront drastiquement allégés et ne retiendront que les savoirs de base indispensables pour pouvoir traiter des situations plus complexes. Les programmes seront construits par des équipes pédagogiques émanant du terrain, conseillées par des experts.

Les programmes et situations d’apprentissage liés aux compétences générales, aux activités, aux projets seront construits par les équipes pédagogiques de terrain et seront fonction de leur contexte propre.

4. L’évaluation des apprentissages des jeunes.

L’objectif est de vérifier que nos jeunes ont acquis les compétences disciplinaires et générales reprises dans les objectifs de l’enseignement, et qu’ils sont outillés pour affronter la vie professionnelle et privée.

Les apprentissages des jeunes seront évalués, de manière certificative, par des évaluations externes, à quatre moments : en 2ème primaire, en 5ème primaire, en 2ème secondaire, en 6ème secondaire. Les contenus et niveaux d’exigence attendus seront identifiés au préalable et clairement annoncés aux équipes pédagogiques en place. Les équipes responsables de l’élaboration de ces contenus et évaluations émaneront du terrain et auront un mandat de 3 ans.3

En 2ème et 5ème primaire, l’évaluation externe ne portera que sur la langue d’enseignement (français/allemand) et les maths afin d’assurer de bonnes bases pour la suite du parcours.

Aux autres niveaux, des évaluations externes seront organisées dans les différentes disciplines.

Les équipes pédagogiques auront la responsabilité d’organiser les évaluations intermédiaires, qu’elles soient formatives ou sommatives, ainsi que la remédiation qui doit maintenir la toute grande majorité des jeunes en situation de réussite.

En cas d’échec important à la fin d’un cycle, une année entière de rattrapage sera organisée.

L’évaluation des compétences générales, de la réalisation de projets, etc. sera laissée à la discrétion des équipes pédagogiques.

Entre outre, pour augmenter la cohérence et l’efficacité de l’accompagnement pédagogique, chaque jeune construira, avec l’aide de ses professeurs, un dossier d’apprentissage qui le suivra tout au long de sa formation.

 

Partie 2 : Libérer les acteurs de terrain et augmenter leur responsabilité

1. La formation initiale des enseignants

Les finalités et les objectifs de l’enseignement obligatoire tels que décrits ci-dessus nécessitent de créer une nouvelle vision du métier d’enseignant. On choisit d’être enseignant avant tout.

Les objectifs pour la formation initiale des enseignants sont les suivants. 

  • Faire en sorte que l’enseignement soit un premier choix d’orientation et non un second choix.
  • Former de bons pédagogues maitrisant une diversité de techniques d’enseignement, y compris de remédiation, d’intelligences multiples, etc. et possédant une culture pédagogique.
  • Former des professionnels qui ont une bonne maitrise de leur discipline.
  • Former des professionnels ouverts sur le monde, connectés à une réalité culturelle, sociale et économique autre que celle de l’école et capables de mobilité professionnelle.
  • Apprendre à se former de manière permanente.
  • Former des professionnels qui maitrisent parfaitement la langue d’enseignement et suffisamment une autre langue moderne pour créer une dynamique multilingue dans l’école où ils enseigneront.
  • Apprendre à créer du lien et des échanges avec les jeunes et à être à leur écoute.
  • Apprendre à collaborer avec ses collègues.
  • Valoriser socialement la fonction d’enseignant.

Un scénario de formation initiale est proposé en annexe 1.

2. La formation en cours de carrière

Les objectifs pour la formation en cours de carrière sont les suivants. 

  • Soutenir les enseignants dans les difficultés rencontrées.
  • Maintenir les enseignants au courant des nouveautés dans leur matière et en pédagogie.
  • Apprendre à évaluer leurs propres pratiques.
  • Entretenir une dynamique d’apprentissage et de recherche tout au long de leur carrière.
  • Encourager l’ouverture à d’autres écoles, d’autres pratiques, d’autres façons d’enseigner, d’autres systèmes scolaires, d’autres domaines professionnels.
  • Encourager les échanges de pratiques, y compris à l’international.

Les budgets pour la formation en cours de carrière seront octroyés en fonction des projets. Les équipes pédagogiques elles-mêmes identifieront leurs besoins, élaboreront un projet de formation en individuel ou en équipe, et rentreront une demande de budget. Trois sortes de formation seront envisagées et gérées par la direction de l’école.

  1. Appel à des formateurs extérieurs. La formation en cours de carrière consiste en une mise à jour constante des connaissances et des compétences pour s’adapter aux élèves, aux situations particulières, aux différentes cultures, à l’évolution de la société.
  2. Mission de recherche. Les enseignants se donneront une mission de recherche, en partenariat avec des universités, des hautes écoles, des entreprises, différents milieux de la formation…, et seront amenés à collaborer et à partager les résultats de leurs recherches : publication de séances didactiques, écriture d’un livre, récit d’une expérience, etc.
  3. Echanges avec d’autres établissements. Les enseignants auront la possibilité d’intégrer des stages, des visites d’autres écoles/projets, de pratiquer des échanges à l’international pour s’enrichir de pratiques différentes.

Il sera tout à fait possible de se former à une autre discipline ou à un autre niveau d’enseignement en cours de carrière.

3. Des méthodes d’enseignement

Remarque : Les méthodes innovantes et participatives décrites ci-dessous sont déjà pratiquées dans beaucoup d’écoles, l’idéal serait que cela se généralise.

Les méthodes d’enseignement ont pour objectifs de faire en sorte que les jeunes aient acquis, en fin de parcours, les objectifs poursuivis, de les rendre autonomes face à leurs apprentissages, de leur apprendre à apprendre.

Elles seront adaptées aux types d’apprentissage et variées pour rencontrer les différents types d’intelligences et de potentialités.

Pour favoriser l’implication des jeunes, elles seront essentiellement participatives et axées sur la réalisation d’objets concrets ou non, de projets, d’expériences, d’expositions, etc. de telle sorte que l’objectif de l’apprentissage soit prioritairement que le projet aboutisse.

L’organisation d’une journée d’école sera pensée pour répondre au mieux aux objectifs ci-dessus.

L’apprentissage des langues privilégiera l’oralité, l’immersion et les échanges linguistiques.

Les technologies nouvelles seront intégrées, autant que faire se peut, par exemple MOOC, classes inversées...

Dans l’orientation métiers, l’alternance sera privilégiée.

L’école est un lieu ouvert sur le monde. Les activités en lien avec l’extérieur auront une place particulière, comme la rencontre des acteurs de terrain, le service à la collectivité, les visites d’expos, d’ateliers…

Les cours théoriques se donneront le matin et les cours par projet et interdisciplinaires l’après-midi.

Les projets et autres activités pourront s’organiser le matin en fonction des circonstances mais les cours théoriques ne se donneront pas l’après-midi.

Le volume horaire par cours sera réparti sur une année et non sur une semaine, à charge des équipes pédagogiques d’adapter la répartition des cours en fonction des exigences des différentes séquences didactiques et des activités envisagées.

Dans la formation commune, les équipes pédagogiques auront la responsabilité de vérifier régulièrement, de la manière qu’elles estiment la plus adéquate, la compréhension des concepts vus. En fonction du taux de compréhension, les équipes mettront en place les remédiations nécessaires en vue d’assurer le meilleur suivi des apprentissages, ou adapteront leurs pratiques de telle sorte que l’échec en fin d’année soit exceptionnel.

Dans le cadre d’une autonomie plus grande, les équipes pédagogiques seront, au final, seules responsables des conditions et des méthodes utilisées pour rendre les apprentissages les plus efficaces et attractifs possible.

Les parents seront liés par contrat au projet éducatif de l’école et seront, dans ce cadre, responsables du soutien qu’ils accorderont aux pratiques éducatives de l’école. Ils seront invités à être des partenaires actifs, à construire des séminaires ou des activités autour de problématiques diverses liées à l’éducation des jeunes, en coopération avec l’équipe pédagogique en place. L’école sera aussi un lieu d’apprentissage pour les parents.

4. Le numérique

Le recours au numérique permet de partager de l’information entre élèves, entre enseignants, entre élèves et enseignants, entre écoles, entre écoles et entreprises, avec les parents. L’idée est de partager des informations déjà construites, ne fut-ce que partiellement, sans tout recommencer à zéro et en sortant de son environnement proche.

Le recours au numérique élargit aussi la gamme des outils pédagogiques disponibles. Il est question de faire de l’éducation aux médias, tant au plan de leur utilisation qu’au plan de la conception d’outils pédagogiques à mettre en ligne. Les classes inversées en sont un bon exemple pour autant que les jeunes ne soient pas livrés à eux-mêmes et qu’on s’assure qu’ils disposent du matériel et de l’environnement nécessaires pour réaliser ce qui est demandé.

5. L’évaluation des enseignants

L’objectif est de vérifier que les enseignants dispensent un enseignement de qualité

  • sur le plan des disciplines prévues au programme,
  • sur le plan des compétences générales,
  • sur le plan pédagogique pour jauger de l’efficacité et de l’équité des méthodes utilisées.

La direction et le Pouvoir Organisateur auront la charge de construire, avec les enseignants, des objectifs à atteindre, de les suivre de manière continue, de leur donner l’opportunité de développer des projets, etc.

Les enseignants seront évalués sur base des niveaux d’exigence en œuvre dans le service public fédéral (exceptionnel, répond aux attentes, à améliorer, insuffisant)[4] et leur parcours sera ajusté en fonction de cette évaluation. Un enseignant en difficulté bénéficiera d’un accompagnement particulier durant l’année qui suit une évaluation négative.

La direction organisera, en accord avec les enseignants, éducateurs et agents PMS, une consultation des élèves en fin d’année toujours sur une base constructive.

Les enseignants, éducateurs et agents PMS pourront saisir un conseil de recours en cas de désaccord.

6. La valorisation de la profession

L’objectif est de rendre la profession attractive, de lui donner du relief et des perspectives d’évolution, de soutenir les enseignants dans leurs difficultés.

  • Améliorer le statut des enseignants débutants

Les enseignants débutants sont particulièrement malmenés en début de carrière, ils doivent parfois courir plusieurs écoles pour boucler leur horaire, la préparation des cours exige un temps de travail à domicile très important, leurs charges de classe ne sont pas toujours bien équilibrées… Plusieurs mesures peuvent atténuer cette situation.

  • Remplacer le calcul de l’encadrement, actuellement réalisé en octroyant des heures NTPP (nombre total de périodes professeurs), par un calcul basé sur un nombre d’équivalents-temps plein. Un enseignant sera engagé au moins pour un mi-temps. Dans l’enseignement maternel et primaire, seuls les mi-temps et les temps-plein seront pris en considération.
  • Le premier contrat d’un enseignant débutant portera sur 2 années consécutives au terme desquelles la direction reconduira ou non son engagement, sauf si le contrat est intérimaire. Si la direction reconduit son engagement et si la place est vacante, l’enseignant bénéficiera d’un contrat à durée indéterminée.[5]
  • Le contrat couvrira toujours l’ensemble de l’année scolaire : du 1er septembre au 31 août.
  • Les deux premières années, un jeune enseignant sera accompagné d’un enseignant expérimenté, reconnu pour ses qualités pédagogiques et qui désire s’investir dans le tutorat.
  • Des outils pédagogiques de qualité, disponibles dans une banque de ressources, doivent être accessibles à tous.

 

  • Valorisation salariale

Une augmentation salariale peut être envisagée dans le cadre de l’évaluation de l’enseignant sur base des mêmes niveaux que dans le service public fédéral.

  • Valorisation par une formation tout au long de sa vie

Les enseignants travailleront en partenariat avec une université, une haute école, une entreprise et/ou un organisme de formation, pour assurer leur formation en cours de carrière, pour rester connectés à une réalité culturelle, sociale et économique autre que celle de leur école et pour assurer une reconversion éventuelle.

  • Autonomie

Les enseignants travailleront en équipe pour construire les séquences didactiques et les activités de l’année.

Le numérique constituera un canal privilégié pour partager de l’information entre les différents acteurs de l’enseignement et pour innover en termes de méthodes pédagogiques.

  • Fin de carrière

La fin de carrière pourra, en fonction des besoins, être aménagée en un mi-temps de cours et un mi-temps de services aux équipes pédagogiques, aux écoles ou aux administrations ou toute autre organisation décidée par l’équipe pédagogique.

Tous ces éléments doivent favoriser une meilleure reconnaissance de la fonction au sein de la société.

7. L’autonomie des directions d’école

L’objectif est de permettre aux directions d’école de prendre les actions nécessaires en vue de répondre au mieux aux objectifs d’enseignement repris plus haut.

Pour cela, leur entrée en fonction sera mieux accompagnée et il leur faudra davantage d’autonomie dans le recrutement et le suivi des équipes pédagogiques, ainsi qu’une plus grande liberté d’action pour organiser l’espace et le temps de la manière la plus adéquate en fonction de son contexte et mettre en place des méthodes d’apprentissage et d’évaluation en lien avec le projet de l’école.

Pour le recrutement des directions, le conseil d’administration (CA) de l’école ou une instance extérieure si cela se présente, établira une lettre de missions après avoir évalué les besoins et les ressources de l’établissement, entre autres, en consultant le corps enseignant. Outre la formation en modules prévue à l’heure actuelle, un candidat à la direction d’une école présentera, au conseil d’administration (CA) ou à une instance extérieure si cela se présente, un dossier de motivation et un projet d’éducation, qui se basera sur la lettre de mission et qui guidera les deux premières années à la tête de sa nouvelle école. Le candidat sera suivi pendant deux années par un tuteur issu de l’instance extérieure ou le conseil d’administration qui évaluera ses compétences, en fonction de la lettre de mission transmise à son entrée. Ces deux années seront clôturées par l’obtention d’un certificat final d’aptitude à diriger une école. Le directeur sera évalué régulièrement par son pouvoir organisateur ou l’instance extérieure désignée.

Le champ des professions et des expériences qui peuvent prétendre à exercer la direction d’une école sera beaucoup plus ouvert, par exemple sous la forme d’un parcours de validation des compétences.

L’autonomie des directions sera élargie.

  • Une direction d’école bénéficiera de toute l’autonomie nécessaire à la bonne marche de son école en termes de recrutement et de gestion des ressources humaines.
  • La direction aura la responsabilité d’évaluer les enseignants, les éducateurs et les agents PMS sur base des niveaux déjà en vigueur dans le service public fédéral et d’en tirer les conclusions en termes de valorisation du parcours de l’enseignant.
  • Elle bénéficiera de toute l’autonomie nécessaire pour développer son projet pédagogique et pour organiser son école ainsi que des partenariats avec d’autres écoles en vue de mieux atteindre les objectifs. Cette autonomie doit permettre des espaces thématiques, des grilles de cours tout à fait spécifiques ou des pédagogies alternatives qui exigent d’éclater le standard d’une journée de cours. Une direction d’école sera responsable de l’accompagnement pédagogique de son équipe.
  • Une direction d’école bénéficiera d’un staff qui l’aide à gérer l’administratif, les finances et la logistique de l’école.

8. L’évaluation des directions

  • L’évaluation des directions est de la responsabilité du Pouvoir Organisateur ou de l’instance extérieure désignée et dépendra de la lettre de mission établie au départ.
  • Le Pouvoir Organisateur ou l’instance désignée procèdera à une évaluation de la direction sur base des mêmes niveaux que ceux en vigueur dans le service public fédéral. Le parcours du directeur sera ajusté en fonction de cette évaluation. Une direction en difficulté bénéficiera d’un accompagnement particulier durant l’année qui suit une évaluation négative.
  • Les directions pourront saisir un conseil de recours en cas de désaccord.

9. L’évaluation de l’établissement

Des statistiques annuelles[6] propres à chaque école seront disponibles auprès des équipes pédagogiques pour qu’elles puissent s’autoévaluer sur base des résultats obtenus par leurs élèves. Un accompagnement sera prévu en cas de résultats régulièrement sous la moyenne générale.

 

Partie 3 : Répartition des ressources humaines et financières

1. Mieux répartir l’argent

Notre niveau de dépense dans l’enseignement est quasi identique à celui de la Finlande (environ 12% du PIB)[7], malgré un niveau de maitrise des acquis très différent. L’objectif est de mieux répartir les ressources humaines et financières pour mieux répondre aux besoins du terrain.

Nous proposons de mettre à plat les différents coûts liés à l’enseignement, en ce compris ceux en lien avec les différents réseaux et leurs administrations. En faire une analyse et retenir ce qui fonctionne bien. Réduire tous les coûts évitables notamment les surcoûts liés aux 4 réseaux d’enseignement.
Une fois mis à plat les montants disponibles, affecter les ressources financières et humaines aux écoles de telle manière qu’elles puissent disposer des moyens suffisants pour remplir leurs missions : créer des places en nombre suffisant pour scolariser tous nos jeunes partout où cela s’avère nécessaire, assurer l’entretien des bâtiments, équiper les écoles de matériel pédagogique et informatique, assurer la maintenance du parc informatique des écoles, accompagner les élèves à besoins spécifiques, accompagner les équipes pédagogiques…

2. La mixité dans l’école

Le décret inscription actuel ne donnant pas satisfaction, il est question de repenser, endéans la première année de législature, la régulation des inscriptions de manière globale en incluant les acteurs concernés.

Les objectifs poursuivis dans un mécanisme de régulation des inscriptions sont de favoriser la mixité sociale et de lutter contre le déterminisme social, seule manière, selon Oxygène, de construire une société durable. Il s’agit aussi d’éviter la concurrence entre écoles et ses conséquences.

La réussite d’un projet de mixité sociale passe par l’adhésion du personnel de terrain : direction, enseignants, et des bénéficiaires de l’école : les enfants et leurs parents.

Il est donc question de porter au sein des écoles elles-mêmes un débat portant sur la mise en œuvre d’un projet de mixité sociale.

Le débat portera, entre autres, sur les questions suivantes.

  • Quel est le contexte socio-économique de notre école ?
  • Comment notre école peut-elle répondre aux objectifs de mixité sociale, de lutte contre le déterminisme social et la concurrence entre écoles, tout en respectant le choix des parents concernant le projet pédagogique de l’école ? Quels sont les différents scénarios possibles ?
  • Quelles sont les conséquences de plus de mixité sociale dans notre école : avantages et inconvénients ?
  • A quelles conditions la mixité sociale peut-elle réussir dans notre école ? Comment minimiser les inconvénients pour maximiser les avantages ?
  • Quelle mise en œuvre pour notre projet ?

Oxygène propose les éléments de solutions ci-dessous.

  • La création de places en nombre suffisant.
  • Une régulation des inscriptions dès le début de l’école obligatoire.
  • Une modification du calcul de l’indice socio-économique (ISE)[8] pour mieux le faire coller à la réalité de chaque jeune.
  • Un accompagnement particulier aux écoles qui ne remplissent pas leur nombre d’élèves.
  • Un financement individuel supplémentaire pour chaque élève ISEF[9]  (au lieu d’un financement par école).
  • Une révision des critères de pondération concernant les priorités à l’inscription :
    • Diminution du poids géographique et augmentation de celui du choix pédagogique des parents.
    • Mise en application directe du quota ISEF (20,4 % d’élèves ISEF dans chaque école). Ou encore possibilité de mettre un double quota : quota sur les élèves ISEF et quota sur les élèves non-ISEF (ce qui permettrait de rééquilibrer un peu la mixité). Un exemple d’utilisation du double quota est donné en annexe 2.

3. Une école inclusive

Pourquoi faire grandir séparément des enfants qui, un jour, se retrouveront plongés dans la même société ? Pourquoi stigmatiser à ce point les différences ? L’objectif est donc d’inclure le plus possible tous les enfants, en fonction du type de handicap à discuter avec les professionnels du terrain, dans un projet d’école commun et de prendre en compte leurs besoins spécifiques, qu’ils soient porteurs de handicap ou non.

Une partie du personnel enseignant de l’enseignement spécialisé doit intégrer, autant que faire se peut, l’enseignement ordinaire et se mettre au service des enfants à besoins spécifiques, de telle sorte que tous les enfants se côtoient et s’enrichissent de leurs différences et de leurs expériences et que le personnel enseignant puisse suivre les différents élèves en fonction de leurs besoins et de leurs rythmes d’apprentissage. Une même classe doit pouvoir être suivie par plusieurs enseignants en même temps en fonction des besoins du groupe et de chaque élève.

4. L’évaluation de l’institution scolaire

L’objectif est de mesurer si l’institution scolaire dans sa globalité est performante. Un conseil extérieur constitué de parents, de jeunes, de gens de terrain et d’experts réalisera cette évaluation de manière annuelle.

Cinq critères pour évaluer notre système scolaire.

  • Critère 1 : l’efficacité. Un enseignement efficace est un enseignement où les jeunes engrangent de bons résultats, où le pourcentage d’élèves en difficulté est minime et où la proportion d’élèves performants est large.
  • Critère 2 : l’implication des jeunes. Ce critère mesure à quel point les jeunes sont intégrés dans l’école et leur milieu de vie, s’y sentent heureux, y trouvent confiance et reconnaissance et donnent le meilleur d’eux-mêmes.
  • Critère 3 : l’implication des enseignants au niveau de l’ensemble du système. Ce critère mesure leur participation à la vie scolaire et de la société, leur niveau de conscience professionnelle et leur efficacité pédagogique.
  • Critère 4 : l’équité. Un enseignement équitable est un enseignement qui lutte contre le déterminisme social et qui encourage des choix d’orientation posés en toute liberté.
  • Critère 5 : l’efficience. Il s’agit de mesurer le rapport entre le coût et le bénéfice de notre enseignement. Est-il optimal ? Comment sont affectées nos dépenses publiques d’éducation, pour quelle efficacité ?

Annexe 1 : Une école gratuite

L’école est gratuite, c’est inscrit dans la Constitution. Acquis incontestable du Pacte scolaire, la gratuité de l’école est le gage d’un accès démocratique à l’enseignement obligatoire. Pourtant, la plupart des établissements scolaires font participer financièrement les parents. Comment cela se fait-il ?

Tout au long de l’année, les élèves bénéficient de matériel pédagogique (photocopies principalement) et participent à des activités diverses, souvent obligatoires, comme une visite de musée, un théâtre, un cinéma, un échange culturel ou linguistique, ou encore des voyages scolaires (voyage facultatif de fin d’études, classes de neige…). Est-il concevable que les écoles « offrent » tous ces suppléments ? En l’état actuel de leur financement, la réponse est clairement non.

Si on prône une école entièrement gratuite, de deux choses l’une, ou on augmente les subsides de fonctionnement des écoles ou on supprime tous les suppléments. La première solution suppose que la société supporte le surplus de financement, ce qui n’est pas raisonnable au vu de ce que coûte déjà l’enseignement. La deuxième solution risque fort de créer une école fermée sur elle-même qui fonctionne en vase clos. Or, toutes ces activités ne participent-elles pas à l’éducation de nos jeunes et à leur ouverture sur le monde ?

Il existe une autre voie. Oxygène défend le projet d’une école entièrement gratuite pour les enfants ISEF, grâce à un financement différencié et individuel. Le calcul de l’ISE[10], collant davantage au parcours individuel de chaque jeune, doit pouvoir offrir un financement particulier pour les élèves ISEF. Pour garantir la gestion des dossiers en toute discrétion, seule une personne du staff administratif sera habilitée à détenir les informations et à gérer les dossiers.

La gratuité totale concerne aussi le suivi médical des jeunes en milieu scolaire, en particulier pour les plus défavorisés. Une collaboration doit être organisée avec les éducateurs, les agents PMS et la médecine scolaire afin d’offrir aux plus démunis la garantie d’un suivi médical de qualité et gratuit concernant la santé générale, la vue, les troubles de l’apprentissage, le bien-être à l’école en ce compris les soins subséquents aux visites médicales.

La gratuité totale concerne enfin le droit à une alimentation correcte et des repas équilibrés doivent être servis en fonction des besoins.


 

Annexe 2 : Formation initiale des enseignants

Scénario pour la formation initiale des enseignants, tous niveaux et toutes disciplines.

  1. Chaque candidat à l’enseignement passe un examen d’entrée pour déterminer ses compétences : maîtrise de la langue d’enseignement et de compétences générales, comme par exemple, pouvoir donner un avis argumenté, présenter un travail ou un dossier oralement et par écrit, se situer dans le monde géographiquement et historiquement… Le candidat qui aurait échoué bénéficiera d’une année de préparation pour se mettre à niveau.
  2. Tous les candidats à l’enseignement suivent le même cursus de base pendant 2 ans en poursuivant les objectifs cités plus haut dans ce document (partie 2, section 1) : maîtrise approfondie de la langue d’enseignement, suivi de l’actualité, modules disciplinaires (géographie, histoire, géopolitique, arts, sciences, informatique, sports, littérature…), capacité à développer la multiplicité de ses intelligences, apprentissage de la pédagogie et de ses diverses méthodes, familiarisation avec les différents milieux culturels, apprentissage et bonne maîtrise d’une langue moderne autre que celle de l’enseignement pour pouvoir participer à des projets multilingues, développement personnel, familiarisation avec les milieux de l’enfance et de l’adolescence, alternance entre cours théoriques et pratiques, stages en école comme accompagnants d’activité, surveillants, etc. Pendant ces deux années, le candidat précise son projet professionnel : à quel niveau d’enseignement se destine-t-il ? Quelle(s) matière(s) veut-il enseigner ? Etc. Prévoir des passerelles vers d’autres formations pour une éventuelle réorientation.
  3. En fonction du niveau choisi.
  • a. Pour l’enseignement dans la formation commune (de 3ème maternelle à 2ème secondaire), 2 ans d’approfondissement de la matière avec stages.
  • b. Pour l’enseignement dans le secondaire supérieur (deuxième et troisième degrés) : 3 ans d’approfondissement de la matière avec stages.

4. Les méthodes d’enseignement lors de la formation initiale doivent être actives pour que les enseignants les apprennent en situation et soient capables et motivés à les utiliser dans l’exercice de leur profession plus tard.

5. La formation de candidats à l’enseignement doit s’ouvrir à des diplômes, formations et parcours professionnels variés. Si un candidat se présente après une activité professionnelle, il peut faire valoir cet acquis, déposer un dossier de motivation et de compétences auprès de l’organisme de formation et suivre un module pédagogique adapté.

 


Annexe 3 : Simple/double quota

La différence entre la prise en compte d’un simple quota ou d’un double quota.

Supposons qu’une école ait 100 places et supposons encore que la mixité visée corresponde à une proportion de 50-50 pour les élèves ISEF et non ISEF.

120 élèves veulent y aller, 100 élèves ISEF et 20 élèves non ISEF.

Selon la technique du simple quota, les élèves ISEF ont priorité pour les 50 places du quota ISEF. Restent 50 places à attribuer aux élèves qui souhaitent s’inscrire dans cette école. Résultat, la composition sociale finale peut varier entre 80 % d’élèves ISEF et 100 % d’élèves ISEF car d’autres priorités peuvent être prises en compte, comme le critère géographique par exemple.

Selon la technique du double quota, les élèves ISEF ont priorité sur les 50 places du quota ISEF, les élèves non ISEF ont priorité sur les places non ISEF. Résultat, la composition sociale finale est de 80% d’ISEF - et pas plus – et 20% de non ISEF, soit le plus proche possible, étant donné les demandes exprimées. On est donc au moins sûr d’avoir les 20 élèves non ISEF dans les 100, ce qui n’est pas le cas avec le simple quota car les 100 élèves ISEF pourraient avoir priorité sur les 20 non-ISEF avec les autres critères, notamment le critère géographique.

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1 Développement en annexe 1.

2 Niveau A : utilisateur élémentaire (= scolarité obligatoire), lui-même subdivisé en niveau introductif ou de découverte (A1) et intermédiaire ou usuel (A2)
Niveau B : utilisateur indépendant (= lycée), subdivisé en niveau seuil (B1) et avancé ou indépendant (B2). Il correspond à une " compétence opérationnelle limitée " ou une " réponse appropriée dans des situations courantes "
Niveau C : utilisateur expérimenté, subdivisé en C1 (autonome) et C2 (maîtrise)

3 Sauf au début où certains auront un mandat plus court ou plus long pour éviter de devoir remplacer l’ensemble de l’équipe en une seule fois.

[4] https://csc-services-publics.csc-en-ligne.be/Images/Evaluation-fonction-publique-federale-tcm189-353354.pdf

[5] Le statut fonctionnaire des enseignants doit être discuté dans un cadre plus large.

[6] Voir document Tabor

[7] Données 2014, source : banque mondiale. https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/se.xpd.totl.gd.zs

[8] L’ISE classe les élèves sur une échelle de 1 (peu favorisé) à 20 (très favorisé) pour estimer les moyens à allouer aux différentes écoles en fonction de leur public. Voir l’article de la FAPEO https://www.fapeo.be/wp-content/analyses/analyses_2011/ISEF.pdf

[9] Un ISEF correspond à un indice socio-économique faible.

[10] Indice socio-économique mesurant la situation sociale et économique de chaque jeune.