Le bien-être de 90% de la population, dont la majorité de jeunes et de retraités, est sérieusement menacée, alors qu’ils ont besoin d’une attention grandissante. Nous sentons que toutes les bases sur lesquelles notre société a fonctionné commencent à vaciller. Une à une, nos certitudes sont ébranlées. Le modèle socio-économique de ces 70 dernières années prend l’eau, même les fondements de notre démocratie commencent à être remis en cause.

  • Sur le plan économique
    Que notre modèle d’Etat Providence, tel que nous le connaissons, soit menacé de mort ne fait aucun doute. Des défis gigantesques sont à nos portes : la perte d’activités industrielles, les dégâts de la mondialisation, le manque d’emploi suffisant, la dette de l’Etat et des régions et communautés, le vieillissement de la population, la prochaine révolution numérique, l’ubérisation des services, des problèmes quotidiens de mobilité, etc.
  • Sur le plan social
    Le coût du logement est passé de moins de 10% du revenu à quasi 50% en moins de 50 années. 20 à 25 % de la population est pauvre selon les critères européens et cela ne cesse d’augmenter. La qualité de l’alimentation baisse et impacte directement notre santé générale (explosion des allergies, des intolérances, des cancers, les perturbateurs endocriniens…)
    Nous fermons des entreprises en Wallonie et à Bruxelles pour sous-traiter à des entreprises étrangères la production de biens de consommation courante réalisés à des tarifs imbattables, mais dans des conditions de travail pour les employés locaux qui ne respectent pas pratiquement aucun des critères sociaux en vigueur chez nous et obtenus par de longues luttes sociales. Cette situation génère chez nous un manque de travail pour permettre à tous d’accéder à un travail honorable. Ceux qui ont la chance d’avoir un travail se retrouvent en compétition de plus en plus dure, dans un cadre de travail qui mène trop souvent au burnout, à des dépressions et un sentiment généralisé d’insécurité, quand ils ne se retrouvent pas en compétition avec des robots… La pauvreté grandissante, la précarisation du travail, les inégalités sociales et économiques croissantes, la difficulté de se loger correctement, la fracture numérique et la dégradation des services censés être assurés par les autorités publiques (entretien des routes, crèches, transports en commun), marginalise les plus faibles et polarise notre société entre des communautés de toute sorte.
  • Sur le plan interculturel
    Un afflux de réfugiés dont on ne voit pas la fin, une immigration mal gérée et pas assez intégrée, le sentiment d’une menace face à notre culture font que nous peinons à trouver un vivre ensemble harmonieux avec la population étrangère. Certains sont tentés par une charité bien-pensante alors que d’autres ont l’impression d’y perdre leur identité.
  • Sur le plan environnemental
    Le réchauffement climatique, notre dépendance énergétique, la saturation en matière de mobilité, la gestion de l’agro-alimentaire et de notre alimentation ont et auront à l’avenir un impact majeur sur notre bien-être. Il est urgentissime d’en tenir compte.

Bref, les défis s’amoncellent. Notre région Wallonie-Bruxelles est en difficulté ; n’en déplaise à nos dirigeants politiques toujours prompts à nous dire que l’avenir s’annonce radieux (pour autant qu’on vote pour eux). Mais la constatation la plus alarmante est que cela dure depuis plus de 50 ans, depuis plus de 2 générations sans que rien ne s’améliore vraiment !