La taxe au kilomètre : Une confusion entre "utilité" et "utilisation" du véhicule ?

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Monsieur Lefebvre, qui suit régulièrement Oxygène, a écrit un mail aux responsables politiques concernant la taxe kilométrique. Nous reproduisons, avec son accord, son interpellation.

Bonsoir,

Une fois encore, une fois de plus, la F.E.B. et la F.E.B.I.A.C. suggèrent une taxe au kilomètre parcouru.

C'est, d'abord, une escroquerie intellectuelle, celle de la confusion mentale, sans doute préméditée, entre "utilisation" et "utilité" du véhicule, deux notions très différentes selon que l'on habite à Hout Si Plou ou à Uccle, quand on sait la déshérence de la première depuis très longtemps en termes de transports en commun avec la bénédiction tacite de la FEBIAC herself.

C'est donc aussi une injustice sociale, une injustice dont ces gens sont d'ailleurs parfaitement conscients dès l'instant où, soucieux de leur bonne conscience, ils nuancent aussitôt leur propos en parlant de "taxe intelligente". A ce jour, il n'en existe pas et la T.V.A. en est le meilleur exemple.

Aujourd'hui, on incite la population à se rapprocher des centres urbains, pour d'improbables "bonnes" raisons, ce qui autorise certains à cracher sur ces bouseux qui persistent à habiter aux confins des campagnes! Beaucoup de retraités ont ainsi rallié les centres urbains, qui apprécient toujours de revoir leurs enfants restés à bonne distance rurale. Seront-ils aux aussi, demain, appelés à "participer" à ce marché de dupes?

Un marche de dupes parce que seraient aussi appelés à comparaître des citoyens qui ne participent pas aux problèmes urbains d'immobilité et de pollution, des citoyens qui concourent aussi à rendre des services (dans l'agriculture, dans le tourisme, dans les administrations, dans l'enseignement, dans le commerce...) sans toujours eux-mêmes recevoir quelque chose en retour ( des transports publics de qualité, des réseaux numériques, des services publics... ) et qui seraient encore davantage pénalisés qu'ils le sont déjà (les accises et taxes des carburants au port des kms parcourus, comme aussi les coûts d'entretien et l'usure du véhicule).

Faudra-t-il, demain, payer une taxe au km pour accompagner un patient en clinique à Chimay, à Bastogne ou à Libramont? Pour conduire son enfant à l'école distante de plus de dix kms?

Comment, intelligemment, tenir compte de ces réalités?

J'en appelle à vous pour rappeler le bien penser à ces technocrates et vous remercie.

Bien à vous,

Jean-Luc Lefèvre