Atelier participatif sur la mobilité, le 18 février 2018 : Compte rendu

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Notre atelier mobilité a débuté par trois interventions.

Présentation du mouvement Oxygène, Walter Feltrin et Barbara Dufour

Missions

Mettre en place une dynamique participative qui permet aux citoyens de se réapproprier la chose publique et de construire le programme d’Oxygène.
Présenter des listes électorales aux communales et provinciales en fonction des dynamiques qui se présentent. Présenter des listes aux régionales dans les différentes circonscriptions. Créer un mouvement sur le long terme pour que les dérives actuelles ne se représentent plus jamais.

Vision

Être le parti qui change radicalement la politique de la Wallonie et de Bruxelles vers plus d’éthique, d’équité et d’efficacité. Nous voulons, avec les citoyens, créer une véritable dynamique participative, au-delà du clivage gauche-droite, pour plus de prospérité et de bien-être pour tous, de manière durable.

Valeurs

L’éthique, l’intégrité, l’altruisme, l’équité, la justice, l’efficacité des mesures, le respect des libertés individuelles, l’intérêt général, l’écoute et la rencontre des besoins de la population sur le court, le moyen et le long terme.

Méthode

  • Se donner des objectifs mesurables pour viser l’efficacité :
    • En visant l’intérêt général sur le court, moyen et long terme
    • Objectif simple, clair, transparent
    • Objectif réaliste
    • Avec une échéance à respecter
  • Décider de mesures en fonction des objectifs.
  • Évaluer les mesures, politique orientée résultats avec bilan annuel des mesures par rapport aux objectifs
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La mobilité à Bruxelles et en Wallonie, Sabine Jacob

Résumé :

Force est de constater que notre système de transport est inefficace : nombreux embouteillages quasi permanents dans certaines artères, transports en commun insuffisants et inefficaces, infrastructures insuffisantes pour les modes de transport doux (piétons, vélos...)...

Les conséquences de cette inefficacité sont importantes sur la vie quotidienne des habitants, sur l’économie, sur l’aménagement du territoire.

Les causes sont multiples : la demande de mobilité est croissante, la voiture occupe la première place dans les modes de transport, les heures de pointe concentrent les problèmes, la politique menée manque de vision à long terme, le cadre institutionnel est complexe et inopérant.

Quelques pistes intéressantes :

  • l’intermodalité centrée sur l’utilisateur ; aucun mode de transport ne peut plus prétendre à assurer le déplacement efficace de bout en bout ; l’avenir consiste à combiner plusieurs modes de transport et à assurer des interfaces efficaces entre eux ;

  • MOBILTY as a SERVICE (MaaS) : concept qui vise à faciliter la vie des utilisateurs en vendant un déplacement global multi-modes au travers d’une seule plateforme de services ;

  • sortir du cadre actuel en ayant une vision globale et transversale de l’offre de transport centrée sur les besoins des utilisateurs ;

  • partir des bassins de vie ; un bassin de vie est le plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants : commerces, enseignement, soins médicaux, sports, loisirs, culture... ; tenir compte des bassins rend plus cohérente la gestion de la demande de mobilité;

  • tenir compte des aires métropolitaines qui prennent en compte le facteur emploi ; chez nous, les aires métropolitaines sont Bruxelles, Liège, Lille et Luxembourg.

    L’essentiel est de définir des solutions globales de mobilité au sein des bassins de vie, au sein des aires métropolitaines, entre les bassins et les aires, compte tenu de l’importance des pôles et donc des flux de déplacement.

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Exemples de bonnes pratiques à l’étranger, Copenhague, Berne, Chur, Patrick Frenay

Résumé.

Le tissu urbain de Copenhague s’est développé autour de 5 axes de transport en commun et non l’inverse (les axes de transport ne se sont pas développés en fonction du tissu urbain).

L’exemple de Berne montre que l’espace peut être partagé entre les différents usagers :

  • 10 fois plus de places de parking pour vélos que pour la voiture privée dans les gares

  • Mêmes moyens financiers alloués pour la voiture et pour le vélo, la bicyclette jouit d’installations de haut niveau

  • P+R sont subventionnés seulement dans les communes de moins de 10.000 habitants

  • Efforts concentrés sur des petits parcs-relais périphériques :

    • Pour réduire les trajets en voiture privée et la concurrence des transports régionaux

    • Pour suppléer aux réductions de capacité dans la ville-centre

    • Subventions moyennant respect des critères du canton et présentation d’un projet global

    • Exploitation par la compagnie locale de transport en commun, en association avec la commune concernée

L’exemple de Chur montre que l’espace peut être partagé avec une priorité à l’information aux voyageurs, à la cohérence de l’offre et aux services proposés à la mobilité douce.

Échanges

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  • Chacun fait des choix pour lui-même, chacun doit les assumer. Par exemple, beaucoup de Bruxellois sont partis vivre au vert, ce qui a créé des problèmes de mobilité vers et dans la capitale. Il ne faudrait pas que ceux qui ont fait le choix de rester dans la capitale paient (en termes de mobilité, d’infrastructures, etc.) pour ceux qui ont décidé de quitter.

  • Certains disent que la problématique est différente en Wallonie et à Bruxelles.

  • Il faudrait faire la différence entre ceux qui habitent Bruxelles et ceux qui s’y rendent pour diverses raisons. Il faudrait une reconnaissance du fait d’être Bruxellois, par exemple par une carte de parking pour tout Bruxelles. Ce point ne fait pas consensus.

  • L’esthétique d’un quartier fait beaucoup pour que les gens y restent ou viennent y habiter.

  • Pour les parkings, il faudrait une priorité aux habitants ET aux prestataires de services (corps de métier, infirmier(e)s, médecins, etc.) qui n’y habitent pas forcément. L’accès aux professionnels (par exemple plombier, couvreur, etc.) est rendu très difficile par la politique de restriction des places de parking et des voies d’accès à la capitale.

  • Il faudrait s’interroger sur la raison des déplacements. Par exemple, si c’est pour le travail, on peut faire du télétravail. Mais il faut faire attention de ne pas empêcher les gens d’avoir des relations de travail réelles. Le virtuel ne remplace pas le réel. Les relations sociales sont importantes aussi. Ça dépend des gens et de leur situation familiale par exemple.

  • Il faudrait développer une éducation autour de l’autonomie et la responsabilité au travail. Les gens devraient pouvoir organiser eux-mêmes leur travail à domicile, sans être forcément, à chaque instant, dans une dynamique hiérarchique, de contrôle, etc.

  • Il vaut mieux utiliser des incitants que du coercitif pour modifier les comportements.

  • Une mesure radicale serait d’interdire la voiture individuelle, privée. Dans ce cas, comment gérer la venue d’étrangers dans notre pays, qui ne connaissent pas forcément la règle et qui ne savent pas forcément comment se déplacer à Bruxelles, autrement qu’avec leur propre voiture ? Par ailleurs, certaines personnes ont du mal de se déplacer en dehors de la voiture (personnes âgées par exemple). Ce qui est certain, c’est qu’il faut avoir une vision globale d’un projet sans voiture privée, cela ne s’improvise pas. Y intégrer par exemple l’arrivée des voitures autonomes.

  • Une autre idée serait d’imposer un quota d’immatriculations neuves.

  • Pour les transports en commun, il devrait y avoir un appel d’offre à destination du secteur public et du secteur privé, ainsi tout le monde serait mis sur le même pied en termes de concurrence.

  • Une manière de faire entrer le secteur privé dans l’offre des transports en commun serait que le public délègue des missions au secteur privé sans pour autant lui donner toute autonomie ou libéraliser carrément les transports.

  • La cacophonie dans les niveaux de pouvoir en Belgique est un frein à une bonne cohérence dans les offres de mobilité. Il faudrait une hiérarchie des pouvoirs.

  • La mobilité est indissociable de l’économie.

  • La mobilité est liée aussi à l’aménagement du territoire. Par exemple, on pourrait décentraliser les activités économiques ou administratives et les envoyer vers des zones moins denses. Attention alors à ne pas exporter les problèmes liés à la mobilité.

  • Beaucoup de shoppings sont installés en périphérie. Y-a-t-il des chiffres officiels concernant le trafic lié à cette caractéristique ? Car cela augmente le trafic entre le centre et la périphérie et cela nuit au commerce local.

  • Le modèle doit être revu de manière systémique. Il faut se poser la question du pourquoi on doit autant se déplacer. Tout est lié : emploi, commerce, logement...

  • Il y a une sorte de paradoxe entre les centres qu’on met de plus en plus piéton et la disparition des commerces locaux. Y-a-t-il une réponse ?

  • Introduire les nouvelles technologies dans les habitudes des gens, par exemple l’utilisation de plateforme d’échanges, la centralisation des tarifs et des billets, etc.

  • Mettre tout à plat (SNCB, STIB, TEC...) et créer une seule entreprise public/privé. Pourtant des exemples à l’étranger montrent qu’il est possible de se coordonner même s’il y a plusieurs sociétés concernées. Il faudrait 2 niveaux de décision, central et local, avec un aller-retour permanent.

Propositions des participants

La dernière étape de l’atelier consistait à récolter les propositions concrètes des participants pour améliorer la mobilité. Nous en avons fait une retranscription fidèle.

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  • Créer une entité européenne de la mobilité
  • Bruxelles : appliquer le modèle de Berne à quelques quartiers-test

  • R.W. : appliquer le modèle de Berne à quelques bassins de vie

  • Bruxelles : emplacements de parking réservés pour prestataires de services (camions de livraison, corps de métier, médical,....)

  • Créer des facilités de parking pour les métiers de service

  • Bruxelles et grandes villes : promouvoir partenariats SNCB - Cambio, Vélolib,...

  • RER : arrêté le financement et augmenter fréquence des trains sur les mêmes voies (bench-mark : le Japon)

  • Bruxelles : interdire l'usage de la voiture dans 30 ans

  • Bruxelles : rendre les transports en commun gratuits

  • Bruxelles : aménager les pistes cyclables pour les e-transports

  • Bruxelles : de vraies pistes cyclables séparées (bench-marks : Amsterdam, Berne)

  • Bruxelles : législation très stricte "pro-piétons" et utilisateurs plus faibles

  • Bruxelles : décaler les horaires de l'enseignement officiel et celui du catholique

  • Bruxelles : gestion du stationnement avec "privileèges" et "découragements" sélectifs

  • Plus de solutions type "Zipcar"

  • Bruxelles : amélioration des fréquences en transports en commun

  • Favoriser les solutions de mobilité dans les quartiers

  • Solution long terme : supprimer 90 % des voitures individuelles à l'horizon 2050

  • Solution court terme : offrir une seule formule d'abonnement pour tous les moyens de transport sur une même zone/région (voitures, parkings, transport en commun, vélos, trains...)

  • Coordination des transports en commun

  • Imposer des quotas d'immatriculations de véhicules privés

  • Rassembler les différents services de transport

  • Bruxelles : augmenter le week-end et en soirée pendant la semaine, les fréquences de bus de la STIB

  • Coordonner toutes les offres de transport existantes (TEC, De Lijn, STIB, SNCB) afin de favoriser l'inter-modalité et l'inter-mobilité

  • Développer les espaces pour les piétons et leur sécurité

  • Bruxelles : promouvoir le développement du nombre de lignes de métro et trams

  • Repérer les bassins de vie et ré-aménager le territoire autour des bassins de vie

  • Cadrer l'utilisation des types de carburant et de systèmes de freinage

  • Utiliser une carte "mycotique" (cfr expérience de Tokyo)

  • Recours à l'I.A. et au "Big data"

  • Bruxelles : plus de bus, trams vers les métros ; et surtout "sécurité"

  • Jouer sur la fiscalité et la politique immobilière

  • Laisser le choix au lieu d'interdire

  • Dans la politique de mobilité, ne pas oublier les Bruxellois qui ont toujours été les "parents pauvres"

  • Remplacer les voitures de société par des vélos de société

  • Fluidifier le trafic

  • Partager la route avec tous les usagers y compris les voitures